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When she sees her portrait

Il y a un an, j'ai eu la grande chance d'être invitée à un mariage helvetico-indien dans le sud de l'Inde. Ceux qui ont déjà assisté à un événement similaire sauront de quoi je parle : ce fut un tourbillon de couleurs, de senteurs et de musique. Trois jours de frénésie pour célébrer un amour sans frontière.

 

Cet événement hors du commun s'est prolongé à travers mon travail et, il y a quelques mois, j'ai réalisé un portrait des jeunes mariés. Ce n'était pas une commande, simplement une envie de revivre cet instant et de m'attarder calmement sur tous ces détails que l'on oublie de voir durant la fête : les nuances colorées des fleurs, la multitude de pierres ornant les bijoux, la sérénité du couple…

 

Le résultat est le fruit d'une perception et d'une interprétation toute personnelle et je savais qu'il risquait de surprendre les principaux concernés. Il n'est pas toujours évident de se voir en peinture, qu'allaient en penser les mariés ?

 #394, 50x60cm, acrylique sur toile, 2014

#394, 50x60cm, acrylique sur toile, 2014

La suite de l'histoire me prouve que j'avais tort de douter. Sam, notre héroïne, n'est pas seulement une magnifique mariée aux petits soins pour son entourage et ses invités, c'est également une écrivain qui publie régulièrement des textes intimistes, poétiques et drôles sur son blog. Si vous lisez l'anglais, je vous conseille d'y faire un tour. J'ai eu la surprise d'y découvrir hier une émouvante description de sa rencontre avec son portrait.

 

"Laura Zimmermann is a talented Parisian artist whom I know because of good fortune: One of my husband’s best friend had the good sense to date her or we would have never known this outwardly shy but inwardly bold and resolute young woman. She also has the distinction of being the only vegetarian French person I know. She’s more than an acquaintance. She attended my wedding in India in 2013. But sadly, due to logistics and lifestyles we have been just Facebook friends in reality. But all that changed quite suddenly.

 

I realised that she had painted me from a photograph, which she took at the wedding in India. I happened by it as I was scrolling aimlessly though my Facebook feed and it took me by surprise. This event by itself has mitigated most of my general disdain for sharing in social media. I told my husband about the painting and we decided to contact Laura through her man and ask if we could purchase it.

 

We have had two weddings, Mr. Pink and I; one in India and one in Switzerland. The wedding in India was with a heavy purpose, and not at all legally binding (hence we had the Swiss wedding). It was a religious ceremony and I wanted it done so as to introduce him to my culture and people in the most hectic, time-consuming and fun way possible. What else is India if not hectic, time-consuming and fun? Though we have thousands of beautiful photographs from both the weddings we didn’t have even one picture of us blown up and framed. In fact I have printed out just one photo on a normal A4 hi-bond paper in postcard format to put in a frame that could accommodate a picture much larger. Contrary to Beyoncé and Jay-Z we are lazy in love.

 

Now that the opportunity to put up a memory worth adorning our naked walls presented itself – in acrylic on canvas, no less – we couldn’t just let it pass. I found it rather poignant that it also happened to be the first original painting we decided to invest in. Not to mention it made us feel extra good to show support for an independent budding artist.

 

They came by one Sunday afternoon for an Indian lunch and to give us our painting. From when Laura unveiled the canvas from its bubble wrap cocoon to now, this very instant, I haven’t been able to get away with just a momentary glance  at it. It draws me in and each time at first I look at it as though it wasn’t me in it. This wasn’t a moment from my life. There’s something calm and content about that woman. Something angelic and reassuring. That’s not how I remember feeling at the time. All I seem to remember is the stress and the need to satisfy everyone else’s needs; to make sure none of the Europeans fell sick from all the Indian food and that none of the Indians felt abandoned because of all the Europeans at the wedding. That’s what I remember…at first.

 

Memory is a tricky thing isn’t it? It’s interesting how I forget that actually during the three days that the wedding celebrations lasted, on the inside, I was content and happy. I was satisfied with my life decision; happy about the fact that I was allowed to marry my true love despite him being of another race/religion/nationality; reassured by the presence of hundreds of well-wishers; calmed by the knowledge that I didn’t have to hide my relationship status anymore from anyone and finally I did feel united with the universe. All the elements that we were exchanging with our immediate surroundings, all of which came from the inception of the universe – cycled through planets, asteroids, plants, animals, people, dead relatives – were with me that day as I vowed to be married to my man not because a legal authority demanded it but because I needed my people to know, acknowledge and respect him as my chosen one. Everything was with me and within me as I made that decision known and I was radiating with everything.

 

I look at the painting again.

 

Memory is a tricky thing indeed.

 

Yes, the woman she has painted – THAT woman – is me.

 

Thank you Laura for helping me remember."

 

Merci Sam de m'avoir permis de voir cet instant à travers tes yeux !

Helium - 10ème parcours d'ateliers d'artistes

Le 10ème parcours organisé par Helium a commencé le weekend dernier et se prolongera le week-end prochain. Vous pourrez retrouver la totalité du programme sur le site d'Helium.

Quant à moi je vous attendrai à nouveau dans les profondeurs du Moulin d'Ors à Châteaufort, de 14h à 19h samedi 11 octobre et de 11h à 19h dimanche 12 octobre. Je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous cette belle photo prise dimanche dernier par Robert Monestier et qui vous donnera un aperçu de mon accrochage. Allez, venez! ;)

Sous influence #2

A l'occasion de la journée des droits des femmes, Amnesty International et les Bobines du Léman organisaient la projection du film Le Cahier.
Réalisé par l'iranienne Hana Makhmalbaf, ce film raconte le parcours semé d'embûches d'une petite fille afghane souhaitant se rendre à l'école.
En chemin, elle croise la route de petits garçons jouant à la guerre.
Ils imitent les actes des adultes et répètent leurs paroles: "Nous sommes les talibans [...] le rouge à lèvre est péché, tu devrais avoir honte, nous allons te lapider". Un peu plus tard ces mêmes garçons ont changé de rôle mais le jeu reste tout aussi cruel: "nous sommes les américains, les mains en l'air! Où allez-vous sales terroristes? Meurs, bâtard!"

 

Sur le site consacré au film (aujourd'hui fermé), Hana Makhmalbaf déclarait: « Ce film-là ne parle pas seulement de la guerre ou d’une région mais de l’enfant en général : ceux qui ont été influencés par leurs parents, et là où il y a des violences quotidiennes »

C'est sur ce thème là que je souhaitais réfléchir en travaillant sur la série "La Violence Ordinaire". Je ne parle pas seulement de guerre, d'armes à feu ou de maltraitance, mais d'une violence plus générale, plus sournoise qui s'invite dans nos paroles et nos actes au quotidien et que l'on transmet malgré nous.

 

Vous pouvez toujours voir une partie de mon travail portant sur ce thème au Cub'. L'exposition s'y tient jusqu'à samedi 15 mars inclut.

 

Je vous laisse avec cet article écrit par David Ramolet et parut le 28 février dans l’Écho Républicain:

Le Cub’est un lieu éminemment culturel qui, depuis l’été dernier, multiplie les animations artistiques pour le plus grand plaisir des Arnolphiens.

Géré par Christian Bonenfant, ce pub, situé 71 rue Charles-de-Gaulle à Saint-Arnoult-en-Yvelines, a la particularité, entre autres, d’ouvrir ses portes à des artistes de la région. Aussi, depuis la mi-février et jusqu’au samedi 15 mars, Laura Zimmermann y expose ses dessins et ses peintures. Les œuvres présentées sont d’une série, “Violence Ordinaire”, sur laquelle l’artiste travaille depuis deux ans.

« Cette violence avec laquelle nous vivons tous »

« À cette époque, je venais de découvrir l’éducation et la communication non-violente. Je me suis alors aperçue que la majorité d’entre nous véhicule de la violence sans même s’en apercevoir et la transmet aux personnes qui nous entourent. Les enfants reçoivent de plein fouet cette violence et l’absorbent jusqu’à la transmettre à leur tour », confie Laura Zimmermann.

Les peintures et les dessins représentent des enfants jouant avec des armes à feu. Selon l’artiste, que ces dernières soient réelles ou factices importent peu. « Elles matérialisent cette violence avec laquelle nous vivons tous. » Malgré le sujet dramatique, l’œuvre de la jeune femme est toujours empreint d’une singulière sensibilité qui s’avère être la signature de l’artiste.

Bien qu’elle vive à Cernay-la-Ville, Laura Zimmermann aime par-dessus tout changer d’air et aller découvrir la culture et les coutumes de lointains pays. Elle a appris à travailler de nouvelles couleurs à San Fransisco et a réalisé des portraits d’enfants au Sénégal.

David Ramolet