Sous influence #2

A l'occasion de la journée des droits des femmes, Amnesty International et les Bobines du Léman organisaient la projection du film Le Cahier.
Réalisé par l'iranienne Hana Makhmalbaf, ce film raconte le parcours semé d'embûches d'une petite fille afghane souhaitant se rendre à l'école.
En chemin, elle croise la route de petits garçons jouant à la guerre.
Ils imitent les actes des adultes et répètent leurs paroles: "Nous sommes les talibans [...] le rouge à lèvre est péché, tu devrais avoir honte, nous allons te lapider". Un peu plus tard ces mêmes garçons ont changé de rôle mais le jeu reste tout aussi cruel: "nous sommes les américains, les mains en l'air! Où allez-vous sales terroristes? Meurs, bâtard!"

 

Sur le site consacré au film (aujourd'hui fermé), Hana Makhmalbaf déclarait: « Ce film-là ne parle pas seulement de la guerre ou d’une région mais de l’enfant en général : ceux qui ont été influencés par leurs parents, et là où il y a des violences quotidiennes »

C'est sur ce thème là que je souhaitais réfléchir en travaillant sur la série "La Violence Ordinaire". Je ne parle pas seulement de guerre, d'armes à feu ou de maltraitance, mais d'une violence plus générale, plus sournoise qui s'invite dans nos paroles et nos actes au quotidien et que l'on transmet malgré nous.

 

Vous pouvez toujours voir une partie de mon travail portant sur ce thème au Cub'. L'exposition s'y tient jusqu'à samedi 15 mars inclut.

 

Je vous laisse avec cet article écrit par David Ramolet et parut le 28 février dans l’Écho Républicain:

Le Cub’est un lieu éminemment culturel qui, depuis l’été dernier, multiplie les animations artistiques pour le plus grand plaisir des Arnolphiens.

Géré par Christian Bonenfant, ce pub, situé 71 rue Charles-de-Gaulle à Saint-Arnoult-en-Yvelines, a la particularité, entre autres, d’ouvrir ses portes à des artistes de la région. Aussi, depuis la mi-février et jusqu’au samedi 15 mars, Laura Zimmermann y expose ses dessins et ses peintures. Les œuvres présentées sont d’une série, “Violence Ordinaire”, sur laquelle l’artiste travaille depuis deux ans.

« Cette violence avec laquelle nous vivons tous »

« À cette époque, je venais de découvrir l’éducation et la communication non-violente. Je me suis alors aperçue que la majorité d’entre nous véhicule de la violence sans même s’en apercevoir et la transmet aux personnes qui nous entourent. Les enfants reçoivent de plein fouet cette violence et l’absorbent jusqu’à la transmettre à leur tour », confie Laura Zimmermann.

Les peintures et les dessins représentent des enfants jouant avec des armes à feu. Selon l’artiste, que ces dernières soient réelles ou factices importent peu. « Elles matérialisent cette violence avec laquelle nous vivons tous. » Malgré le sujet dramatique, l’œuvre de la jeune femme est toujours empreint d’une singulière sensibilité qui s’avère être la signature de l’artiste.

Bien qu’elle vive à Cernay-la-Ville, Laura Zimmermann aime par-dessus tout changer d’air et aller découvrir la culture et les coutumes de lointains pays. Elle a appris à travailler de nouvelles couleurs à San Fransisco et a réalisé des portraits d’enfants au Sénégal.

David Ramolet